Textes d’opinion

Grands voyageurs à vos frais

Réaction de la Fédération des cégeps à l’article de Sébastien Ménard, « Grands voyageurs à vos frais », publié dans Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec le 24 février 2009.

Par Gaëtan Boucher, président-directeur général de la Fédération des cégeps

L’article sur les voyages internationaux des directions de cégep est chargé de tant d’insinuations que j’estime nécessaire de rétablir les faits. La loi confère aux collèges le pouvoir de réaliser des activités sur la scène internationale, ce qu’ils sont de plus en plus nombreux à faire.

Et il faut s’en réjouir. Les stages à l’étranger pour les étudiants et les enseignants, les programmes d’études internationalisés, l’accueil d’étudiants étrangers et la coopération sont autant de moyens d’ouvrir les jeunes sur le monde et de soutenir le développement du Québec et des régions.

Une étude de Cégep international révèle que les cégeps ont signé en 2005 177 ententes avec des établissements d’enseignement supérieur dans 29 pays, de sorte que 1000 étudiants ont pu effectuer un stage reconnu dans le cadre de leur formation, et qu’ils ont participé à 115 projets de coopération dans 39 pays. En 2007, les cégeps ont accueilli 1526 étudiants étrangers, ce qui représente 1 % de leur population. On est loin de certaines provinces canadiennes où le nombre d’étudiants étrangers est jusqu’à six fois plus élevé qu’ici.

C’est un objectif du gouvernement du Québec que d’accentuer les efforts en matière d’internationalisation de l’éducation. Il a d’ailleurs annoncé à l’automne 2008 une série de mesures sur la mobilité internationale. C’est dans cette foulée que le ministère de l’Éducation a réservé une enveloppe de 1,2 M$, dans le cadre du réinvestissement lié aux transferts fédéraux au postsecondaire, pour l’accueil d’étudiants étrangers et le soutien à la mobilité étudiante et enseignante. Il vient de confier à Cégep international la gestion de ces nouveaux programmes de mobilité internationale.

Pour organiser des stages internationaux, intégrer une dimension interculturelle à la formation, recruter des étudiants étrangers et exporter le savoir-faire collégial, les chefs d’établissement doivent pouvoir se déplacer. En développant ainsi l’action internationale des cégeps, ils ne font que remplir leur mission. Il est pour le moins regrettable que l’approche du journaliste laisse entendre autre chose.