Textes d’opinion

L’aberration n’est pas là où l’on pense

Réaction de la Fédération des cégeps à l’article de Sébastien Ménard, « Un cadeau aberrant », publié dans Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec le 30 janvier 2009.

Par Gaëtan Boucher, président-directeur général de la Fédération des cégeps

Ce qui est aberrant, ce ne sont pas les primes au rendement des cadres et hors cadres de cégep, c’est que l’article publié à ce sujet soit à ce point inexact et trompeur. Rétablissons les faits : la rémunération globale du personnel d’encadrement des cégeps, contrairement aux autres employés, est basée en partie sur l’évaluation de leur rendement. Les primes au rendement ne sont pas automatiques, elles sont encadrées par un processus rigoureux, inclus dans la politique d’évaluation de chaque cégep, et limitées par des règlements ministériels. Elles ne sont pas nécessairement monétaires et peuvent être versées, par exemple, sous forme de perfectionnement.

Des inexactitudes

Dans son calcul, M. Ménard amalgame sans discernement ces primes au rendement et les « primes » accordées lors de promotions ou de réaffectations. Ces dernières correspondent à d’autres situations et obéissent à d’autres règles, en vertu desquelles des hausses salariales sont prévues pour reconnaître les années d’expérience supplémentaires ou l’augmentation des responsabilités. Plus aberrant encore, une grossière erreur de calcul : le journaliste n’a pas tenu compte de l’augmentation du nombre de personnes qui ont bénéficié de ces primes, bien qu’il mentionne lui-même que ce nombre est passé de 719 en 2007 à 753 en 2008. Par conséquent, le montant moyen des primes a augmenté non pas de 9 %, mais plutôt de 4 %. En clair, les personnes à qui une prime a été versée en 2008 ont reçu en moyenne 2268,25 $. Lorsqu’on tient compte, en plus, de l’indexation des salaires dont bénéficie le personnel des secteurs public et parapublic, on est très loin du « cadeau aberrant ». Il est regrettable que l’on publie de telles informations sans discernement ni sans un minimum de rigueur. En fin de compte, c’est le public lui-même qui est trompé.